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Forum national des éducateurs sur la simulation et les stages cliniques. Photographe: Cathy Bouwers.

Parvenir à un consensus pour s’attaquer aux très grands problèmes

Par Christine Nielsen

En tant que dirigeant d’association, pensez à toutes les « petites » choses qui arrivent dans votre assiette au cours d’une journée donnée, comme le traitement d’une plainte d’un membre, un problème de gouvernance ou des défis liés aux RH. Ensuite, ajoutez les questions brûlantes de la journée, comme essayer de favoriser la participation de vos jeunes membres pendant que vos baby-boomers prennent leur retraite en masse, attirer des délégués à vos événements et vous assurer que vous offrez une valeur convaincante à vos membres. Êtes-vous déjà fatigué ?

Les temps sont difficiles pour les associations et nous sommes donc souvent concentrés sur l’ici et maintenant. Il est difficile de prendre le temps de lever la tête et de scruter l’horizon des cinq prochaines années, sans parler de la réponse aux problèmes de l’heure. Mais en tant que PDG, c’est VOTRE boulot. Nous devons trouver un équilibre entre la satisfaction (et, espérons-le, le dépassement) des besoins de nos membres aujourd’hui et l’assurance que nous prenons des décisions qui assurent notre viabilité à long terme. Donc, de temps en temps, il faut regarder un peu plus loin. Si c’est le cas, vous verrez peut-être des dangers à l’horizon.

La Société canadienne de science de laboratoire médical (SCSLM) regroupe depuis 1937 les techniciens de laboratoire médical. Nous sommes des scientifiques qui informent votre médecin de ce qui se passe réellement et qui sont essentiels au système de soins de santé. En tant que patient, même si vous nous voyez rarement, vous avez besoin de nous. Le fait que notre nombre diminue est inquiétant pour la santé et pour l’association elle-même puisque celle-ci compte sur les cotisations pour assurer son fonctionnement. Voilà donc le danger qui nous guette.

En 2010, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a annoncé qu’environ la moitié des techniciens de laboratoire médical (notre plus important groupe de membres) seraient admissibles à la retraite d’ici 10 ans. En même temps, les recherches indiquent que le nombre et la complexité des tests de laboratoire augmentent. L’Ontario prévoyait une augmentation de 1,8 % par année des tests de laboratoire entre 2005 et 2010, mais l’augmentation réelle a été de quatre % par année. La dure réalité, c’est qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre et que la situation ne fera qu’empirer.

L’offre de nouveaux professionnels est dictée par les établissements d’enseignement et la taille des classes. Nous savions que nous n’obtenions pas suffisamment de nouveaux diplômés pour répondre aux besoins du marché. Le compte n’y était pas.

Nos prévisions ont démontré que le Canada avait besoin chaque année de 992 nouveaux techniciens agréés par la SCSLM. Or, le pays ne compte que 59 % des diplômés requis, ce qui signifie qu’environ 400 nouvelles places d’étudiants en TLM doivent être créées immédiatement. Il s’agit là de la plus forte augmentation jamais enregistrée par la profession.

Le problème est relativement clair et la solution semble également évidente : accroître le nombre d’inscriptions. Cependant, l’obtention de nouvelles places d’étudiants est complexe. De plus, tous les étudiants doivent entreprendre un stage clinique (internat). Les programmes ne peuvent pas augmenter le nombre de places sans placements cliniques correspondants. Nous devrions donc encourager une plus grande adoption de la formation fondée sur la simulation.

La SCSLM n’a pas le pouvoir direct d’augmenter le nombre de places dans les programmes d’études au Canada. Par conséquent, il était nécessaire d’obtenir l’engagement, les opinions, l’expertise et l’adhésion à plusieurs niveaux des intervenants.

Forum

Pour réussir, il fallait établir un consensus avec les laboratoires cliniques et les programmes universitaires. Voici comment nous nous y sommes pris :

  • Une analyse des modèles de placement clinique et de simulation a été effectuée.
  • La SCSLM a organisé un forum national pour les éducateurs afin de discuter de la situation et des solutions possibles.
  • La SCSLM a créé le Réseau de recherche, qui a rassemblé des programmes de tout le Canada pour créer des recherches sur la simulation et les stages cliniques, améliorer la qualité des programmes d’études et aider les employeurs à accroître leur capacité de placement de stagiaires.
  • Le conseil d’administration a formulé un énoncé de position affirmant que les heures cliniques pouvaient être réduites et que de nouveaux modèles de formation étaient nécessaires.
  • L’initiative a été discutée lors de l’assemblée générale annuelle et d’un forum ouvert des membres.
  • La SCSLM a été l’hôtesse d’un forum national des employeurs, présentant les données probantes sur les changements recueillis jusqu’à présent et permettant d’établir un consensus.
  • La SCSLM a créé une lettre d’engagement que les laboratoires cliniques pouvaient signer pour indiquer qu’ils étaient prêts à envisager la création de plus de places de stage.
  • Des subventions ont été créées pour appuyer l’amélioration de l’apprentissage fondé sur la simulation dans les programmes universitaires.

Les initiatives ont été très bien accueillies. La participation aux différents forums et événements a dépassé nos attentes. Nous étions convaincus d’avoir atteint notre objectif. La recherche de base et les résultats des forums et du Réseau de recherche (toujours en formation quatre ans plus tard) ont fourni une base de données probantes. Plusieurs employeurs ont signé les lettres d’engagement et de nombreux établissements d’enseignement ont annoncé qu’ils élargiraient leurs programmes.

Le changement se produit, lentement. Je crois que c’est l’approche collaborative qui nous a donné la force d’aller de l’avant. Nous avons besoin d’une plus grande collaboration et d’une plus grande participation des intervenants.

Le danger est toujours présent, mais au moins, nous y remédions. Peut-être plus important encore, nous rallions une partie importante de notre communauté professionnelle. Quel meilleur engagement pourrait-il y avoir ? Tout en continuant d’examiner les questions d’actualité – recrutement et maintien en poste des membres, etc. – nous faisons également preuve de leadership en nous attaquant aux grandes préoccupations de la profession. C’est important pour les associations. Donc, peu importe à quel point vous ressentez la pression, n’oubliez pas de garder la tête haute et de scruter l’horizon. Après tout, il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire, car ne rien faire est une excellente façon de devenir obsolète. 

Images appartenant à la CSMLS.

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