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Maya Roy

Présidente-directrice générale, YWCA Canada

Q : Quels sont les trois adjectifs que vos collègues utiliseraient pour vous décrire ?

R : Il peut s’agir d’une question difficile à laquelle je réfléchis régulièrement parce que je veux m’assurer de mettre mes valeurs en pratique.

Des collègues à qui j’ai parlé m’ont dit que, même si je me concentre sur la réflexion stratégique globale, je m’investis aussi dans l’obtention de résultats concrets. Je ne me contente pas de brasser des idées si cela ne se traduit pas par des changements significatifs. Nos membres travaillent chaque jour à relever des défis pressants. Une partie de notre travail consiste à créer les conditions qui leur permettent de s’épanouir et de réussir dans le cadre de notre mission collective visant à améliorer la vie des femmes, des filles et de leur famille partout au Canada.

Je m’engage à bâtir des ponts parce que j’ai vu les choses incroyables qui peuvent être accomplies lorsque les expériences communautaires éclairent les considérations politiques. Mon expérience en tant qu’organisatrice, militante et intervenante de première ligne m’a permis d’acquérir une base solide de compréhension des réalités sur le terrain. Je vois aussi les possibilités réelles que l’arène politique à différents paliers de gouvernement peut jouer pour le changement des systèmes et le changement de culture. Ma formation en politiques à la London School of Economics a également influencé ma capacité à réfléchir stratégiquement. Que ce soit par notre travail à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies ou par nos efforts de plaidoyer auprès des ministères fédéraux, des changements peuvent survenir dans divers contextes.

Ce n’est que lorsque les divers secteurs et niveaux de notre société travaillent en coordination que nous pouvons maximiser notre impact collectif.

Donc, si je devais choisir de partager trois mots ou expressions, ce serait quelqu’un qui est axé sur les résultats, pragmatique et optimiste, avec l’intention de jeter des ponts entre les secteurs et les communautés avec les relations au cœur. On peut avoir un impact incroyable lorsque l’on travaille à l’élaboration d’une vision collective. Nous avons 32 associations membres, actives dans 300 communautés.

Q : Nous entendons beaucoup parler de formation continue — et de la façon dont l’excellence est une entreprise continue. Y a-t-il quelque chose que vous travaillez actuellement à développer dans le cadre de votre propre développement professionnel ?

R : Notre équipe du YWCA Canada s’est engagée à promouvoir une solide culture d’apprentissage et d’innovation. Nous facilitons le perfectionnement professionnel de nos associations membres, informons les intervenants externes, comme nos partenaires des secteurs public et privé, ou travaillons à des initiatives de sensibilisation pour la société en général.

En ce moment, je suis des cours de droit à l’Open University et j’ai terminé ma certification en gestion de projet. De plus, lorsque je le peux, je suis gratuitement des cours d’apprentissage en ligne massifs (MOOC) et des cours en ligne et j’encourage mes collègues à s’engager dans ce type de développement. Lorsque vos collègues apprennent, vous apprenez aussi à leurs côtés. Chaque fois que vous apprenez, c’est une autre occasion d’avoir une conversation sur la croissance. On n’est jamais pleinement conscient de son ignorance, alors il est important de poursuivre sa formation en permanence. J’apprécie l’occasion d’apprendre ensemble, de partager des pratiques prometteuses et d’élargir la gamme d’outils de notre organisation.

Je suis la tante de deux enfants, j’apprends constamment d’eux. Ils m’enseignent. En tant que membres de la Génération Z, ils pensent aux droits humains et à l’équité entre les sexes. Ils me posent constamment des questions difficiles qui me forcent à réfléchir et à faire preuve d’esprit critique. Si un enfant de huit ans peut très facilement décrire les politiques que Black Lives Matter préconise et décrire les lois sur les droits de la personne pour que nous puissions faire pression en faveur de toilettes non sexistes, nous pouvons tous nous engager à avoir ce genre de conversations axées sur l’équité.

(c)iStock.com/experienceinteriors

Q : Quelles sont pour vous les qualités les plus importantes d’une meneuse ?

R : À bien des égards, vous êtes toujours en train de faire une analyse FFPM. Vous analysez l’environnement à la recherche de forces, de faiblesses, de possibilités et de menaces.

Par exemple, nous avons assisté à la montée du populisme au sud de la frontière et ici même au Canada. En même temps, nous avons vu comment cela a stimulé l’engagement civique des femmes, des filles, des personnes de couleur, des communautés LGTBQ2SS+ et d’autres communautés en quête d’équité. Nous avons aussi vu des hommes cisgenres s’engager socialement. Avec chaque menace, il y a toujours une occasion d’apprendre, de changer et d’avoir un impact positif.

Il est également important de communiquer une vision audacieuse, de relever les défis et de prendre des risques raisonnables.

Q : Quels sont, selon vous, certains des nouveaux défis et des nouvelles possibilités qui se présentent pour les associations ?

R : Pour les organisations fédérées ayant une portée nationale au Canada, comme la nôtre, l’ampleur de notre mandat constitue un défi. Nous sommes un pays diversifié qui compte de nombreuses collectivités et dimensions différentes. Nous devons tenir compte des relations entre les Autochtones et les Allochtones, du contexte historique, des perspectives anglophones et francophones, des expériences des nouveaux arrivants, des immigrants et des réfugiés, ainsi que des diverses régions nordiques, éloignées, rurales et urbaines.

L’un des autres défis clés est créer un sentiment d’appartenance dans un aussi grand territoire.

La technologie est vraiment utile pour faciliter la communication d’Halifax, à Iqaluit, en passant par Kamloops. Pour certaines associations membres, malheureusement, l’Internet n’est pas aussi fiable. Le défi est de savoir comment travailler vers une vision commune. La question que je pose beaucoup de différentes manières est : « Sur quoi pouvons-nous nous mettre d’accord ? » On doit aussi éviter de réduire les problèmes au plus petit dénominateur commun. Une partie de mon travail consiste à motiver les gens. Nous devons chercher à être plus audacieuses et à gérer le risque.

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