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Accroître le bonheur et le bien-être au travail : Entretien avec la docteure Shimi Kang

La docteure Shimi Kang, chercheure en médecine, experte des médias et auteure de best-sellers, dévoile les secrets du bonheur moderne à l’aide de la neuroscience. Dans cette entrevue, elle explique comment notre cerveau et notre corps coopèrent pour combattre le stress.

Q : Vous avez affirmé qu’il est plus important que jamais d’être heureux au travail. Pourquoi est-ce le cas et quels sont les principaux obstacles ?

R : Je pense que nous devons nous éloigner du concept de « conciliation travail-vie personnelle », car nous n’avons qu’une seule vie, et le travail en constitue une grande partie. S’il y a trop de fausse séparation. Les gens n’appliqueront pas les techniques de mieux-être en milieu de travail ou penseront à tort qu’ils peuvent garder la communication positive, les techniques de pleine conscience, les temps d’arrêt et une mentalité de jeu pour les fins de semaine.

Q : Quels soutiens les gens peuvent-ils mettre en place pour surmonter ces obstacles ?

R : Le plus grand soutien est une culture du mieux-être en milieu de travail. Cela comprend des concepts tels que l’empathie, les soins personnels, la communication positive, les politiques anti-intimidation et la déstigmatisation des congés de maladie et des congés parentaux.

Des activités spécifiques de mieux-être et de résilience sont également essentielles. Chacun est responsable de sa santé et de son bien-être. Ce n’est pas le médecin qui vous rend en bonne santé ni l’enseignant qui vous fait apprendre, c’est à vous qu’il incombe de rester en santé et de vous instruire.

Q : Votre travail révèle le rôle de la technologie dans notre bonheur et notre productivité. Pouvez-vous nous expliquer certaines des idées clés que votre recherche a mises en évidence ?      

R : Oui, je crois que la technologie est une nouvelle compétence essentielle. Il faut savoir en profiter tout en atténuant ses effets indésirables.

La recherche est claire : l’utilisation de la technologie peut avoir d’énormes inconvénients — comme la lumière bleue qui affecte le sommeil et les liens des médias sociaux avec l’anxiété, la dépression et les problèmes d’image corporelle. La technologie a même un impact sur notre posture, causant des problèmes au cou et au dos.

J’utilise la métaphore d’un « régime technologique ». Tout comme les aliments ont un impact sur notre corps, la technologie a un impact sur notre esprit.

Dans mon prochain livre The Tech Solution, j’explique comment nous métabolisons la technologie en six produits neurochimiques de base.

Il est préférable d’éviter les technologies toxiques (cortisol) comme les comparaisons en ligne, la cyberintimidation et les jeux addictifs. Minimisez la technologie poubelle (dopamine), comme la navigation compulsive. Optimisez les technologies saines (sérotonine) telles que la connexion positive, les activités créatives et l’accès à des connaissances.

(c)iStock.com/oneren

Q : S’il fallait citer trois facteurs permettant d’accroître le bonheur et le bien-être au travail, que recommanderiez-vous ?

R : C’est facile ! Les trois catégories sont le jeu, les autres et les temps d’arrêt.

« Jouer » signifie adopter une mentalité ludique — comme essayer de nouvelles choses et tolérer les erreurs.

« Les autres » signifie nourrir et bâtir une communauté positive.

« Les temps d’arrêt » signifie assurer des pauses régulières, la pleine conscience et des pratiques contemplatives.

Ces trois catégories sont en corrélation avec nos « trois cerveaux » — le cerveau « viscéral » qui répond aux temps d’arrêt, le cerveau « sentimental » qui réagit aux connexions sociales positives et notre cerveau proprement « cérébral » qui réagit à la stimulation cognitive.

Q : Vous encouragez les enfants à se sentir à l’aise de faire des erreurs. Comment les erreurs se sont-elles répercutées dans votre propre développement ?

R : Je suis une scientifique, une entrepreneure, une auteure et une mère de trois enfants. On ne peut jouer aucun de ces rôles sans être à l’aise avec les erreurs, essayer du nouveau, s’adapter, pivoter et réessayer.

Q : Dans votre livre The Dolphin Parent, vous avez parlé du concept « d’éducation des dauphins » comme une alternative équilibrée à l’éducation des « tigres » qui fait autorité et à l’éducation des « méduses » permissives. Pensez-vous que ce concept peut s’appliquer au leadership en milieu de travail ?

R : Absolument. Cette métaphore s’applique aux trois types de relations interpersonnelles et à n’importe quel contexte.

Un patron méduse est trop permissif, manque d’autorité, n’a pas assez de règles.

Un patron tigre est autoritaire — microgestionnaire et trop directif.

Le patron dauphin a un bon équilibre, a de l’autorité, de la fermeté et de la souplesse, avec des règles et des attentes claires tout en permettant de la flexibilité pour le style individuel et la personnalité.

Q : Avez-vous utilisé des techniques particulières pour vous calmer ?

R : Respirer ! Il est impossible de se concentrer sur la respiration et d’être stressé en même temps. De plus, nos poumons sont récepteurs qui envoient un signal apaisant à notre cerveau lorsqu’ils sont étirés de façon répétée.

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