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Christine Gelowitz, RPF

Président-directrice, Association des professionnels forestiers de la Colombie-Britannique

Q : Avez-vous une philosophie de vie ?

R : Le Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles dit : « Si vous ne savez pas où allez, le chemin que vous prenez n’a pas d’importance. » Je suis d’accord, c’est pourquoi depuis 20 ans, dans ma vie personnelle et professionnelle, j’ai pour principe que « la pensée crée ».

Cette philosophie me conduit à fixer des objectifs dans tous les aspects de la vie — travail, famille et santé tant physique que mentale, spirituelle, financière et sociale. Sans objectifs, mon apprentissage et ma croissance, de même que mes réalisations, n’auraient pas été aussi satisfaisants.

Je tempère ce premier principe par un second : le cheminement importe autant que la destination. Cela m’a aidé à me rappeler l’importance de montrer de la gratitude, de ne pas prendre les choses trop au sérieux et d’apprécier les gens autour de moi.

Q : Quels adjectifs vos collègues utiliseraient-ils pour vous décrire ?

R : Coopérative

Astucieuse

Tenace

Bienveillante

Stratégique

Visionnaire

Q : Quelqu’un a-t-il eu une influence majeure sur le début de votre vie ? Comment cette personne vous a-t-elle préparée à votre cheminement de carrière ?

R : J’ai eu la chance, pendant mes études universitaires, de travailler pour une personne qui s’intéressait à moi et qui est devenue mon mentor. Elle décrivait souvent son rôle de mentor comme étant de m’aider à m’orienter et d’ouvrir des portes qui autrement seraient restées closes. Elle m’a aussi dit très clairement qu’en tant que mentorée, c’était à moi qu’il incombait de franchir les portes qui s’ouvraient sur mon chemin.

Avec le temps et l’expérience, on voit plus clairement les résultats potentiels des différents chemins que nous avons pris et des choix qui nous ont été présentés. Les conseils d’un mentor m’ont aidée à mieux peser les décisions et à faire preuve d’une plus grande prévoyance. J’ai continuellement cherché des mentors tout au long de mon cheminement de carrière jusqu’à ce jour. Certains ont été des mentors plus officiels que d’autres, mais tous avaient une telle valeur et importance pour moi !
 Je suis reconnaissante pour toute la sagesse et les conseils que j’ai reçus, de même que pour les critiques. Quels que soient mes succès, et sans sous-estimer mes propres efforts et contributions, je reconnais qu’une partie de ma réussite est attribuable à mes mentors.

©iStock.com/ baona

Q : Avez-vous, hors de votre travail, une activité qui vous est bénéfique ou qui améliore votre efficacité professionnelle ?

R : Je suis devenu mère une fois ma carrière établie et, à ma grande surprise, j’ai découvert que le fait d’avoir un enfant m’aidait à m’améliorer dans mon travail. C’était tout à fait inattendu vu que mes responsabilités parentales me rendaient parfois épuisée (bien que comblée). Je n’avais certainement pas la capacité de reconnaître que cela pouvait être possible lorsque je suis revenue au travail après mon congé de maternité. Je me souviens du troisième jour, alors que j’essayais de jongler avec toutes mes nouvelles et anciennes responsabilités. En arrivant à la maison, vers les 20 h, je me suis mse à pleurer dans ma voiture en pensant que ma fille d’un an était déjà au lit et que je ne l’avais pas vue depuis 7 h du matin.

Après cette dure journée, j’ai réalisé que je devais aborder mon travail et ma carrière d’une nouvelle façon. J’ai cessé de chercher l’insaisissable « équilibre » entre le travail et les loisirs, et j’ai plutôt commencé à me concentrer sur les tâches essentielles, tant au travail qu’à la maison. J’ai commencé à faire preuve d’une plus grande rigueur et, par conséquent, d’une plus grande sélectivité dans mes choix de priorités. J’ai acquis une nouvelle perspective qui m’a aidée à devenir meilleure comme leader et gestionnaire. L’expérience m’a rendue plus compréhensive envers mes coéquipiers et coéquipières aux prises avec les responsabilités familiales. J’ai aussi appris à « désactiver » mon mode travail à mon retour à la maison, car une petite personne m’attendait et méritait toute mon attention. Cela continue d’être un défi, mais je sais que mon rôle de parent en dehors du travail m’a aidé à devenir une meilleur leader et une employée plus efficace.

Q : Quels sont, selon vous, les défis les plus urgents pour le secteur associatif (ou votre industrie) actuellement ? Est-ce que cela vous empêche de dormir, ou avez-vous une approche pour renforcer votre résilience ?

R : La confiance du public envers les grandes institutions et l’information scientifique évolue et, par conséquent, le paysage de la gouvernance dans lequel les associations opèrent évolue également.

Le Forum économique mondial a identifié le manque de confiance comme l’une des six forces qui remodèleront la société civile jusqu’en 2030. Timothy Caulfield, auteur de Why Gwyneth Paltrow is Wrong About Everything: When Celebrity Culture and Science Clash, affirme qu’il y a une méfiance croissante à l’égard des sources d’information traditionnelles. Le public tolère mieux la pseudoscience sur les médias sociaux et croit facilement les célébrités plutôt que les experts. Les vaccins me viennent à l’esprit à titre d’exemple.

La confiance du public est une exigence fondamentale pour les professions autoréglementées comme celle des forestiers britanno-colombiens. La science est le fondement de la pratique professionnelle de l’Association of BC Forest Professionals. Ces changements dans la société civile sont préoccupants tant pour l’association dans son ensemble que pour chacun des professionnels qui la composent.

Dans un monde où la confiance est si difficile à gagner, mais si facile à perdre, c’est un défi complexe à résoudre. Je crois que la confiance passe avant la sensibilisation et la transparence. Si le public ne sait pas qui est l’association ou ce qu’elle fait, il n’y a pas de réelle possibilité d’instaurer la confiance. Et bien que les médias sociaux soient un défi parce qu’ils peuvent diffuser de la désinformation si rapidement, ils représentent l’une des meilleures occasions pour les associations d’accroître leur visibilité et de sensibiliser le public. Au niveau individuel, les professionnels qui composent l’association peuvent également jouer un rôle majeur dans le maintien et le développement de la confiance du public. Pour paraphraser Timothy Caulfied, dans les discussions et les débats publics, les professionnels peuvent encourager les gens à rechercher un ensemble de preuves (pas seulement des anecdotes) et à faire preuve d’esprit critique. On doit rappeler au public que ce n’est pas parce qu’un produit est populaire ou nouveau qu’il fonctionne. Et les témoignages, aussi convaincants soient-ils, ne sont pas des preuves.   n

Profil de Christine et de l’Association of BC Forest Professionals

L’Association réglemente les 5 400 professionnels forestiers de la Colombie-Britannique. C’est la plus importante association canadienne dans ce domaine. En tant que directrice générale de l’association, Christine est responsable de toutes les activités en collaboration avec le président et le conseil afin d’établir l’orientation stratégique et d’assurer la saine gouvernance.

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